Parasite (Bong Joon-ho, 2019), du ruissellement au déluge.

Parasite a peut-être trop fait parler de lui. A Locarno cette année, avant la projection de son film, la première recommandation de Bong Joon-ho fut de « tout oublier » de ce que l’on avait écrit à son sujet. Après l’exigence de « ne rien dire » pour éviter le spoiler, il s’est sans doute… Lire la suite Parasite (Bong Joon-ho, 2019), du ruissellement au déluge.

Still Life (1): un film pour l’éternité

Premier plan inaugural: Surgissement et éternité Le premier plan de Still Life (ill.1) n'a pas de valeur narrative classique; il n'est ni une forme de prélude introductif, ni une façon d'initier une histoire saisie dans le vif, in media res. Il est un plan-frise et un plan suspendu: le temps ne s'écoule pas comme d'ordinaire,… Lire la suite Still Life (1): un film pour l’éternité

Memories of Murder (2): falsification, magie et violence

Grosso modo, le travail de détective est de chercher des preuves afin de trouver un coupable. On peut avancer sans se tromper que l’intermédiarité de la preuve est le matériau même de la fonction policière : matériau à partir duquel il est possible d’élaborer une histoire que l’on superpose, avec ou sans succès, à la réalité.… Lire la suite Memories of Murder (2): falsification, magie et violence

Memories of Murder: le spectateur mis en abîme

Films et accomplissement Rares sont les films qui ne résolvent pas leurs propres énigmes. Car, on peut se demander, pourquoi aller voir un film si l’on reste sur sa faim, si les mystères ne sont pas dissipés ? Bien qu’il y ait plusieurs réponses possibles, il n’en demeure pas moins qu’une des joies esthétiques dominantes… Lire la suite Memories of Murder: le spectateur mis en abîme

Histoire de détective (Wyler, 1951): le problème de la sainteté morale

Le problème fondamental du détective McLeod, sa maladie, est son incapacité à pardonner et à dégager l’idiosyncrasie morale d’une situation précise. Il souffre de suivre des principes qu’il ne peut pas rejeter, mettre entre parenthèses ou simplement oublier. L’explication est la suivante: il cherche, depuis toujours et à tout prix, à se distancer de son… Lire la suite Histoire de détective (Wyler, 1951): le problème de la sainteté morale

John Wick et la théorie du spectateur-idiot

A priori, j’aurais classé John Wick dans les films divertissants sans plus bien qu’efficaces. Après la vision du premier opus, je me suis rendu compte, comme le disait Tarkovski, que l’on pouvait réellement prendre le spectateur pour un idiot, au sens philosophique du terme, c’est-à-dire « qui ne parvient pas à saisir les rapports causaux entre les… Lire la suite John Wick et la théorie du spectateur-idiot

« There will be blood »: le conflit des principes

Le thème dominant du film est le conflit entre la Lumière et les Ténèbres personnifiés par le prêtre, Paul Sunday, et le pétrolier Daniel Plainview. Les deux personnages sont tragiquement consubstantiels; leur destin sont liés jusque dans la déchéance et la mort. "There will be blood" est l'histoire de deux pouvoirs qui s'opposent à force… Lire la suite « There will be blood »: le conflit des principes

Snowpiercer ou l’état de nature

Lorsqu'on défend un état de chose, l'une des manières les plus sûre d'y arriver est encore de faire passer cet état pour naturel. Non seulement, s'il s'avère être le fruit des lois immuables de la nature, il est vain d'essayer de le changer, mais aussi le naturel est frappé d'une valeur axiologique: serait bon ce… Lire la suite Snowpiercer ou l’état de nature

Le Château dans le Ciel (II) : verticalité

Le Château dans le Ciel nous parle de désirs et de liberté. Dans un film où tout tombe et s'envole, il est possible de thématiser ces sujets sous la modalité spatiale de la verticalité. La verticalité est celle des rapports entre Laputa et la Terre; où cette première survole ou surplombe - c'est selon les… Lire la suite Le Château dans le Ciel (II) : verticalité

Dernier train pour Busan: L’humanité face à son Autre

On aurait tort de voir dans les zombies la simple métaphore des déshérités, des immigrés ou des pauvres. La figure du pauvre est incarnée par un personnage précis dans le film, celle du sans-abri caché dans les toilettes au début du film et qui se sacrifie à la fin. Ce que sont les zombies restent… Lire la suite Dernier train pour Busan: L’humanité face à son Autre