Le vent se lève : une herméneutique cinématographique.

 

« Le vent se lève… il faut tenter de vivre »

Paul Valéry

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Illustration I: Miyazaki, Le vent se lève, 122min, 2014.

Le vent se lève… il faut tenter de vivre. Un vers de Paul Valéry, issu de son poème sibyllin « Le cimetière marin ». Dans cette étude, il ne s’agira pas tant de tenter une interprétation de ce poème que de montrer comment un autre média artistique peut se faire lui-même interprétation. En effet, Miyazaki s’est approprié le vers dans son film éponyme. Par l’image, il en multiplie les exégèses. Variant les mises en scène, il varie par là-même la signification du vers, en en dévoilant toutes ses facettes. Si les significations semblent être nombreuses, elles ne sont en fait que les différents aspects, les multiples variations, d’un même thème, d’un seul couple de mot : le vent/la vie. Le commentaire filmique de Miyazaki est de ce fait une interprétation philosophique très complète de ce vers (mais seulement de ce vers, et non du poème dans son ensemble, ni même de la strophe qu’il introduit), le dessinant dans toutes ses colorations, le saisissant dans toutes ses variations. La question qui nous occupera par conséquent sera la suivante : comment Miyazaki interprète-t-il Paul Valéry à l’aide des moyens cinématographique qui lui sont propres ?

Miyazaki fait référence de deux manières différentes au vers de Valéry : soit il le cite littéralement en le mettant dans la bouche de ses personnages, soit il fait souffler le vent. La répétition de ces deux artifices crée une trame herméneutique riche que nous allons essayer de dévoiler.

La première occurrence du vers est duelle ; le vent souffle et la phrase est énoncée en deux fois par deux personnages distincts. Il s’agit de la première rencontre de Jiro et Nahoko (14min.). Alors qu’ils étaient chacun sur la plateforme extérieure de leur wagon respectif, le vent se lève et emporte le chapeau de Jiro ; chapeau qui sera rattrapé de justesse par l’habile Nahoko. Cette péripétie donne lieu à un premier échange de mots qui se conclura par le vers dont nous nous occupons : « Le vent se lève… », « il faut tenter de vivre » complète Jiro. Seul, il le répètera encore deux fois. Nous noterons seulement pour le moment que cette première occurrence est une variation positive ; le vent préfigure la rencontre amoureuse – en bousculant l’harmonie, en créant la surprise, il jette ces deux personnes dans les bras l’une de l’autre. Cette coloration très positive du vers est rappelée à la fin du film (84min.) par Nahoko elle-même : « Moi je vous aime depuis que le vent nous a réunis à bord de ce train ». Le vent est donc ici le début d’un mouvement vital, d’un élan fondamental de l’intrigue et de la vie du personnage principal. Nous verrons que leur relation est toute entière placée sous le signe du vent.

Mais juste après cette première occurrence, une autre, plus sombre, vient alourdir, contrebalancer la positivité de la première. Le vent n’est pas simplement source des rencontres heureuses, amorce d’un bonheur à venir, il propage aussi la mort. En effet, un violent séisme secoue le Japon (Kanto 1923, 17min.), le train déraille et des incendies apparaissent. Le vent souffle sur les flammes, propageant l’incendie aux habitations environnantes. Cette fois-ci, aucun mot ne fait référence au vers en question, seules les braises volant le signifient visuellement. Nous avons là un deuxième aspect du vers que nous révèle ici Miyazaki. Indistinctement, le vent souffle la vie comme la mort.

Une troisième occurrence, encore bien différente des deux précédentes, est le vent qui se veut souffle créateur. Le souffle du vent accompagne Jiro lorsqu’il dessine ses plans. Il est alors littéralement transporté dans un autre espace ; entre ciel et mer, le vent soufflant de plus belle (34min.). Cette fois-ci le vent n’est pas physique comme lors des deux premières occurrences (bien que cette « physicalité » n’épuise pas son symbolisme). Il s’agit ici d’un souffle intérieur que Miyazaki matérialise par des procédés formels propres au cinéma.

Les autres occurrences participent chacune à l’une des trois premières. La deuxième rencontre de Jiro et Nahoko se place aussi sous le signe du vent, mais la narration est inverse ; le parasol de Nahoko s’envole, Jiro le saisit au vol habilement (65min.). Il n’y a là qu’une répétition de la première occurrence. Il est évident que cette répétition sert d’autres buts que l’herméneutique du poème : le film n’a pas pour seul dessein de servir d’exégèse poétique. Son indépendance propre fait qu’il peut réutiliser les mêmes symboles à des fins narratives (il permet aux deux personnages de se voir à nouveau), sans oublier que la répétition elle-même se fait alors symbolisation (il faut par exemple se demander quel rôle joue l’inversion des actants). Le souffle-création est utilisé également une deuxième fois par Miyazaki lorsque Jiro imagine un avion prendre son envol (85min.) : hormis la figuration du vent lui-même, Jiro paraphrase, enthousiaste, Valéry : « Je sens le vent qui se lève ! ».

Nous ajouterons, quoique cela soit encore à démontrer, que Miyazaki propose une dernière interprétation. Cette fois-ci par la personnification. Le vent prend corps dans le personnage de Nahoko (121min.). Dans un lieu imaginaire, avant de s’envoler, elle exhorte son fiancé à vivre. C’est Caproni, l’ingénieur-onirique de Jiro, qui conclura : « elle est partie ! elle était aussi belle que le vent ». Par cet énoncé, Nahoko se fait vent, ou plus précisément souffle vital : elle invite à vivre par ses propos ; par l’image, elle se confond même avec l’objet de toute notre enquête.

Munis de ce matériel, comment comprendre alors l’interprétation de Valéry par Miyazaki ? Il faut considérer les deux premières occurrences ensemble du fait de la « physicalité » de la mise en scène : le vent souffle réellement, c’est-à-dire qu’il est figuré dans le monde du film comme étant une entité physique avant d’être symbolique. Il faut comprendre par là qu’il peut agir sur le déroulement des événements, il peut se faire cause si l’auteur en décide ainsi : par lui, les chapeaux et les parasols s’envolent et les flammes se propagent. Mais nombre d’indices nous laissent penser que cette « physicalité » n’épuise pas l’être de cette figuration ; le titre du film, la citation littérale du vers. Nous sommes, en effet, par le cinéma dans le monde du symbole. Que disent Valéry et Miyazaki ?

Le vent comme élan vital

Le vers de Valéry ouvre la dernière strophe d’où la vie même semble jaillir par flots :

            Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !

              L’air immense ouvre et referme mon livre,

              La vague en poudre ose jaillir des rocs !

              Envolez-vous, pages tout éblouies !

              Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies

              Ce toit tranquille où picoraient des focs !

Le vent qui se lève est l’amorce de cet élan vital ; il ne s’agit plus d’aspirer à la vie, mais de vivre effectivement. Le vent lui-même devient alors symbole de la vie, il est ce qui anime les êtres. La strophe de Valéry ressemble à la vie dans ce qu’elle a de plus enjoué, de plus joyeux ; les pages sont éblouies, les eaux sont réjouies. La vie naît et vient troubler l’immuable immobilité des objets morts – à l’instar des rocs, des crânes vides, des marbres. Il nous faut cependant faire une distinction. Il ne faudrait pas mal comprendre les vers. Il s’agit ici d’une ode à la vie au sens qu’il vaut mieux être vivant que mort, il vaut mieux être agissant qu’enterré, déterminé à jamais. Mais cela n’équivaut pas à dire que la vie est toujours joyeuse. D’ailleurs ce qui suit le souffle du vent est plutôt de l’ordre du chaos – le livre s’ouvre et se referme, les pages s’envolent – c’est-à-dire que le vent cause une suite d’événements sans ordre. Malgré cette dimension chaotique, mieux vaut la vie que la mort. Valéry, par la figure du vent, nous invite à vivre : « il faut tenter de vivre ! ». Et le verbe « tenter » contient en son sein la possibilité de l’échec, de l’erreur mais aussi celle du succès ; ce verbe n’indique aucune issue déterminée, les possibles sont ouverts ; ce verbe n’indique aussi aucun chemin, aucune recette : il faut tenter de faire au mieux, avec nos propres moyens, selon les circonstances qui à nous se présentent.

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Illustration II: Miyazaki, Le vent se lève, 14min, 2014.

Le vent est donc symbole de la vie dans son ensemble : dans ses possibilités ; dans ses joies et ses peines. Par le vent, les choses s’agitent, de la même manière qu’en essayant de vivre, nous nous agitons. Il n’y a alors rien d’étonnant à ce que Miyazaki fasse référence au vers de Valéry. Comme nous l’avons dit, la première fois, le vers préfigure la rencontre de Nahoko et Jiro. Il amorce une toute nouvelle dynamique. Par lui commence l’amour. Une fois que le mouvement est amorcé, les deux personnages devront « tenter de vivre » – c’est-à-dire composer avec cette nouvelle envie, ces nouveaux désirs et faire au mieux : rien ne garantit leur bonheur ; c’est à eux d’agir. Nous l’avons déjà souligné, cette première occurrence est connotée très positivement. Elle est positive car elle est effectivement un véritable élan vital, transporteur et transformateur : la vie de Jiro sort de ses rails, ses habitudes (études, travail) sont bouleversées par un sentiment nouveau. Il y a donc bien là une interprétation de Valéry : mieux vaut la vie que la détermination éternelle. Mais cette occurrence est aussi positive au sens qu’être amoureux est ce que nous pouvons considérer comme un événement véritablement heureux. Par cet événement la vie vaut la peine d’être vécue. La positivité est donc double dans sa forme et son contenu : elle se retrouve dans l’élan vital ainsi que dans la vie elle-même. Cette seconde positivité est cependant très vite contrastée – car Valéry n’a jamais affirmé que la vie n’était que joies : la vie connaît ses heures sombres, c’est pourquoi nous ne pouvons que tenter de vivre. Miyazaki nuance donc aussitôt son interprétation à l’aide de la catastrophe naturelle. Un séisme provoque un incendie, le vent propage les flammes (2nde occurrence).

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Illustration III: Miyazaki, Le vent se lève, 19min., 2014.

Les deux occurrences analysées ensemble offrent donc une interprétation du vers de Valéry, sans tomber dans une positivité outrancière. Nous dirons donc que le vent-physique est le symbole de l’élan vital ; mais de par sa nature « quasi-immatérielle », de par son caractère « volage », le vent n’a aucun contenu propre : il souffle indifférent au bien et au mal. C’est à nous de composer avec ; à l’aide des voiles des bateaux, à l’aide des éoliennes, à l’aide des avions ?

Le vent comme création

Cette remarque nous permet d’enchaîner sur le troisième type d’occurrence : le vent comme création ou souffle créateur. Comment composer avec le vent ? Par quels moyens tenter de vivre ? Miyazaki offre une interprétation qui est aussi une réponse : par la création. Jiro est un ingénieur en aéronautique. Son but principal est modeste, bien que difficile : faire voler des oiseaux de métal par le seul génie mécanique humain. Ce rêve d’enfant est bien sûr, dans le contexte historique de la narration, accaparé, parasité par des intérêts autres : en effet, la guerre a ses propres fins, use des talents des ingénieurs afin de construire des avions légers, à même de supporter le poids de quelques mitrailleuses. L’objet-rêvé se fait alors instrument de cauchemars, diffusant la mort. Mais cela ne nous occupera pas ici. Ce qui nous intéresse sont les relations entre création et vie ; entre avion et vent.

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Illustration IV: Miyazaki, Le vent se lève, 35min., 2014.

Valéry et Miyazaki invite leur public à vivre, il faut tenter de vivre. Si l’issue n’est pas déterminée, c’est à nous de nous donner les moyens de son succès. Tenter est un verbe actif dont nous sommes l’actant. À nous donc de choisir, de s’orienter, de contrôler, de fixer selon nos besoins, nos buts ; bref, notre finalité. Se donner les moyens impliquent souvent, si ce n’est toujours, une certaine forme de création ; créer des avions en est une, d’autres feront des médicaments, de la philosophie, du droit. Cette interprétation nous est suggérée par Miyazaki lui-même alors qu’il associe création et vent par deux fois. Le vent n’est plus physique (au sens défini précédemment), il est intérieur, immatériel mais par des procédés formels propres à son art Miyazaki le matérialise : le souffle transporte dans l’espace figuré des Idées que Jiro et d’autres ingénieurs essaient de faire descendre dans le monde, d’incarner dans du métal concret.

Nous aurions tort cependant de ne voir dans la création qu’un moyen en vue d’arriver à certaines fins. Une interprétation par trop cartésienne, de l’homme qui se veut comme maître et possesseur de la nature. Il semble bien que Jiro cherche à faire voler un avion indépendamment de toute autre fin. La finalité de Jiro est le vol en lui-même. Si l’avion vole, cela lui suffit ; à son bonheur ; cela comble ses aspirations. Qu’il soit ensuite un véhicule public, ou un avion militaire, cela lui est secondaire. Comment comprendre alors le lien avec le vers de Valéry ? Tenter de vivre devient à ce moment équivalent à faire selon nos aspirations propres. C’est une exhortation éminemment idiosyncratique : fais ce qui te rendra heureux. Mais pourquoi le figuré (pour Miyazaki) ou l’exprimé (pour Valéry) à l’aide du vent ?

La vie ou le vent : retour sur image

L’image du vent contient en elle-même l’idée du mouvement (le vent, par définition, n’est pas statique) et c’est pourquoi il peut devenir un symbole si adéquat de la vie en elle-même. C’est pourquoi Valéry comme Miyazaki insiste sur le contraste entre l’immobilité, la fixité éternelle de la mort et la mobilité, l’indétermination absolue de la vie. La vie est intrinsèquement liée au mouvement (ou pour citer une réplique célèbre « Movimiento es vida ! ») ou pour parler en termes plus existentialistes, la vie est sortie de soi-même, choix ; un dépassement de soi continu ; une transcendance (plutôt qu’une mort « dans la fixité de l’en soi » (de Beauvoir)). C’est pourquoi Valéry et Miyazaki utilise l’image du vent ; c’est pourquoi nous parlons alors d’élan vital plutôt que de vie, ce dernier terme ne rendant pas suffisamment compte de l’aspect kinétique propre à la vie, éternel dépassement. Si la création est aussi symbolisée par le vent par Miyazaki, c’est parce qu’elle participe au mouvement intrinsèque à la vie. Le créateur plutôt que de choisir, de s’élancer vers des possibilités que le monde lui propose (de manière extrinsèque), crée ses propres possibilités. Par là-même, il se projette hors de lui-même et vit, qui plus est en réalisant ses aspirations personnelles.

Le vent-Nahoko

Mais que se passe-t-il lorsque tes rêves d’enfants se retournent contre toi ? Que se passe-t-il lorsque ta fiancée décède ? Que tes créations sont utilisées à des fins terribles ? Que se passe-t-il quand ces dernières sont détruites et qu’il n’y a alors plus qu’à errer entre leurs carcasses métalliques (119 min.) ? Que reste-t-il finalement des tes élans vitaux alors que tu leur as jusqu’ici tout donné (ton amour, ton temps, ton esprit) ? Finalement que reste-t-il de toi lorsque tu as tout perdu ? C’est dans cet état que nous retrouvons Jiro à la fin du film – après le décès attendu de Nahoko, après les prouesses en aéronautiques, après surtout la guerre dont l’issue fut pour le Japon terrible. Il semblerait qu’il faille alors malgré tout continuer ; tenter encore. Il ne s’agit non pas de regretter son passé, encore moins de vivre dans les souvenirs (souvenirs de l’être aimé, souvenirs des réussites), ni de souhaiter changer le passé (par définition terminé, déterminé, mort). Il s’agit de se tourner vers de nouveaux possibles et de continuer encore malgré le passé, ou plutôt avec le passé comme socle. C’est pourquoi Miyazaki vise juste en plaçant la dernière occurrence dans la bouche de Nahoko : « Chéri tu dois vivre ! Vis ta vie ». Le vers de Valéry se fait injonction, impératif. Il n’a jamais été plus clairement énoncé ; sa modalité déontique (l’obligation) était suggérée par les autres occurrences : la vie vaut mieux que le déterminisme de l’étant définitif, la vie vaut mieux que la mort (qui peut être biologique, ou simplement existentielle : s’enfermer dans des habitudes létales). Son caractère déontique est désormais clairement énoncé par Nahoko, elle-même figure du passé : tu dois vivre. Le fait qu’elle soit une figure d’antan qui juste après l’acquiescement de Jiro s’envole et devient vent (Illustration I), est très significatif. Le passé n’est pas obstacle, poids mort qui nous retient de force à la terre, à notre héritage ; à ce qui est mort et que rien ne changera. Le passé est ici connoté bien plus positivement : il est source d’un nouvel élan vital ; porteur de vie malgré son statut définitif. Nous n’avons pas là le marbre lourd des tombeaux, mais à nouveau le vent. Le vent qui transforme, qui ne se laisse saisir, qui single nos joues et invite à (re)-vivre. La vie n’appartient plus aux morts ou plutôt « le don de vivre a passé dans les fleurs » (Valéry). Elle est celle des vivants et Nahoko en fait don à Jiro : le passé loin d’être obstacle se fait support ; la dématérialisation de Nahoko fait d’elle un nouvel élan vital. Nahoko se fait vent, « elle était aussi belle que le vent », le vent se fait Nahoko. Il y a là quelque chose qui dépasse l’image de l’amour (comme source d’épanouissement) quoique cette idée soit aussi contenue dans cette personnification. Le vers se fait impératif, le passé libère ; la vie, somme toute, continue ; Jiro ira boire un verre de vin avec Caproni. Loin de disparaître, elle anime, se faisant interne à Jiro – élan vital plutôt que marbre fleuri.

Cette dernière occurrence du vers est finalement celle qui se rapproche le plus du vers de Valéry. Elle est celle dont la signification est la plus directe, la plus frappante. Elle est celle qui enjoint à la vie ; la vie absolument. Elle s’inscrit dans un niveau autre que les deux premières occurrences qui sont, quant à elles, autant de variations de la vie dans ses événements les plus marquants (l’amour, la misère) ; ces dernières sont monstrations, illustrations et non injonctions. Que dire de la troisième occurrence ? Elle aussi montre plutôt que n’invite ou n’ordonne (quoique cet aspect déontique lui soit sous-jacent) : crée et vis, crée pour vivre. Lier la vie et le vent, la vie au vent fait de la vie un mouvement continu, une aspiration infinie. Ce qu’est aussi la création, source de nouveauté. Miyazaki montre par cette occurrence que le vent, le souffle de vie est avant tout intérieur : il ne s’agit pas que de se faire balloter par des événements extérieurs ; événements auxquels ensuite nous nous adaptons. Le vent est avant tout intérieur, le verbe tenter est actif : c’est à nous de vivre. Les deux premières occurrences sont donc essentiellement extérieures, la troisième est interne. Et la quatrième et dernière possède une toute autre modalité : elle n’est pas descriptive mais normative. D’ailleurs, ce dernier passage du film, depuis la marche au travers du cimetière des avions jusqu’à l’ordre de Nahoko est dans sa gradation, dans son ascension devrions-nous dire, parallèle à l’ascension du poème. Nous retrouvons-là un seul même mouvement qui après avoir contempler la mort aboutit à la vie ou plutôt au devoir de vivre.

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Illustration V : Miyazaki, Le vent se lève, 122min., 2014.

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